Quand vient l'hiver, Les Halles de Lyon Paul Bocuse se parent d'écume et de nacre. Sur la glace pilée, les écaillers ouvrent la mer pour les tables de fête.
Dès les premiers frimas, un parfum de grand large gagne les allées des Halles de Lyon Paul Bocuse. Sur les bancs de glace pilée, les huîtres s'alignent comme des bijoux, fines de claire, spéciales Gillardeau, belons plates de Bretagne, prêtes à couronner les réveillons. Dans le « ventre de Lyon », le coquillage devient roi, et la dégustation au comptoir, un rituel que l'on perpétue de génération en génération.
Ici, les maisons portent l'épaisseur de l'histoire. Chez Antonin, Maison Merle, Chez Léon, Cellerier ou Maison Rousseau, qui revendique plus d'un siècle d'attachement au coquillage, les écaillers dressent chaque jour un théâtre d'iode et de fraîcheur. D'un geste précis, la lame trouve la charnière, soulève la coquille sans la blesser et libère l'huître intacte dans sa liqueur. Un art discret, transmis à la lame et à l'oreille.
La saison des huîtres a son grand rendez-vous : la Fête des Écaillers, célébrée chaque premier mardi de novembre. À la tombée du soir, les Halles désertées s'animent d'un festival maritime : des milliers de plateaux ouverts à la demande, bulots, palourdes et oursins, un verre de muscadet sur lie et une ambiance musicale qui réunit des centaines de convives, de stand en stand, pour saluer l'ouverture de la saison.
Devant l'étal, le geste demeure immuable. Un plateau généreux, un filet de citron, un blanc bien frais, et l'effervescence des fêtes tout autour. C'est l'iode à son sommet, l'instant où Lyon, capitale de la gastronomie, embrasse l'océan le temps d'une dégustation. Aux Halles, la saison des huîtres n'est pas une mode : c'est une tradition de cœur.
